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  • Le blog de Jérémy STORM
  • : 21/10/2009
  • : Plongez au cœur d’un univers farfelu et très souvent absurde : celui de la Fonction Publique Territoriale. Guidés par Melle Gudu, Melle "Animaux Morts" et l’infatigable Jean-Eudes TRUSQ, dit J-E.T., vous vous approcherez au plus près de la bêtise humaine… ahurissante, déconcertante, déroutante, haute en couleur et toujours comique. J’épingle les travers du millefeuille administratif dans lequel je me sens oppressé et compressé ; je m’élève contre les aberrations d’un système archaïque.
  • : Vie perso / Journal intime Littérature humour mairie chroniques Littérature
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  • Jérémy STORM
  • Le blog de Jérémy STORM
  • En ces lieux où l’inepte rime avec stupide, je tente d’apprivoiser tant bien que mal J-E.T. et ses lubies. Je prends du recul et je pimente mon quotidien d’une pincée d’humour.

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Vendredi 25 mars 2011 5 25 /03 /Mars /2011 19:25

Que peut bien traficoter Jean-Eudes déTRUSQué avec notre foutue imprimante ?

Quelles complications tortueuses ce branquignole tordu est-il capable d’inventer pour imprimer quelques courriers ?

Vous allez le découvrir, et bien plus encore, au travers de cet article.

 

Jean-Eudes avait promis de ne monopoliser l'imprimante que pour une durée limitée à trente minutes… à peine trente minutes... qui se sont converties – il ne sait par quelle curieuse contorsion de l’espace temps  ! – en plus de trois heures. Presque toute la matinée en somme.

L’imprimante – l’un des deux cœurs palpitants de notre corps de métier corrélée à l’indispensable merveille de technologie qu’est l’ordinateur dans son environnement Microsoft Windows version 95, soit une quinzaine d’années de retard sur le progrès – l’imprimante apparaît à J-E.T. comme un animal sauvage de la brousse africaine qu’il ne semble toujours pas avoir dompté.

 

J’observais son manège qui prenait des allures ubuesques.

Je vous explique.

 

PHASE UN :

De ses petits doigts boudinés, Monsieur Trusq place du papier en-tête dans la machine.

Tel un peintre perfectionniste qui effectue les dernières retouches à son tableau, il tapote avec délicatesse et consciencieusement les bords et les angles droits du bloc de papier afin d’obtenir un rectangle parfait. Aucun fibre cellulosique suspecte ne dépassera du lot sinon il risque de passer quelques futures nuits blanches.*

 

Pause publicitaire :

Papier 75g/m², bien meilleur que celui de qualité standard 80g/m², choix conseillé pour les professionnels, 100% satisfaction garantie, éco-efficacité, c’est-à-dire papier écologique et économique !

 

Un papier décoré dans sa partie supérieure avec le bologocoloré (en un seul mot pour accentuer l’effet.) de la Collectivité. Deux couleurs : un gris anthracite avec un sigle en jaune – le jaune, c’est trop fun ! –,  version jaune d’œuf trop cuit.

 

Une fois le rite accompli et l’angoisse apaisée, il clique sur le symbole "imprimante". Le gazouillis de la machine s’enclenche. Une première feuille de papier en-tête est avalée et recrachée aussitôt remplie de graphèmes.

Jusqu’à présent, rien d'anormal.

 

PHASE DEUX :

Il saisit la feuille, admire son chef d’œuvre et l’inspecte sous toutes les coutures et sous tous les angles. Il penche la tête d’un côté, puis de l’autre, tend le bras, l’observe de loin, la rapproche de son œil d’expert fiduciaire, il bredouille quelque chose, la renverse, fronce un sourcil, porte le pouce à ses lèvres. D’un air satisfait, il la dépose sur son bureau, jette quelques coups d’œil appuyé vers le bâtiment d’en face. Aucune esthéticienne ne brandit de pancarte sur laquelle serait notée :

"JEAN-EUDES, VIENS ME PRENDRE TOUT DE SUITE"

Déçu, il saisit à nouveau la feuille encore chaude sortie du ventre de l’animal rutilant des eighties et recommence son examen approfondi. Il la retourne, l’enfile dans le bac et imprime à nouveau dessus.

Je le lui signale que chacun de nos courriers ne doit être imprimé que sur le recto.

« Tout va bien Jéérêêêmy. Tout est normal. Todo is under connetrôôôl ! Je m’entrêêêîne et je fêêêis quelques essêêêis pour m’échauffêêêr… Parce que je le vaux bien ! »

 

PHASE TROIS :

La machine tourne à plein régime, il imprime à la chaîne : elle surchauffe.

Au fur et à mesure de l’accumulation des courriers, il s’en débarrasse un par un ! Il les déchire non pas en mille morceaux mais d’une manière méticuleuse en trente-deux morceaux, d’une façon régulière et méthodique. Cinq étapes de déchirement : d’abord en deux, puis en quatre, en huit, en seize et en trente-deux.

« Ces copies ne sont point satifêêêisantes, se justifie-t-il. Je dois recommencer. Et je me dois de détruire toutes preuves accablantes pour la Collectivitêêê. »

Chercher à comprendre ses T.O.C. et vous rejoindrez sa folie.

Ainsi la poubelle de Jean-Eudes se remplissait jusqu’à bientôt déborder. Quel gâchis !

Pour sûr, il ne vote pas écolo et participe activement à la déforestation de la planète.

 

PHASE QUATRE :

Le temps passe ; J-E.T. persiste et signe.

Il m’a assujetti à sa cadence et bloque toute progression de mon travail car il me refuse tout accès à l’imprimante tant qu’il n’aura pas achevé ses courriers.

Aussi doué qu’une autruche avec un presse-purée, il s’acharne à envoyer des ordres à une machine qui les exécute sans mot dire mais sans pour autant corriger les erreurs humaines.

« Putain qu’elle fait chiiiiêêêêr cette machine de merde ! »

Ne bousille pas tout, espèce de gros bourrin !

Ses yeux se plissent, s’injectent de sang et d’humeur aqueuse, ses narines se dilatent, son souffle devient long, profond et rauque, une veine apparaît le long de sa tempe et se met à palpiter, sa lèvre supérieure tressaille. Sa nervosité se matérialise sur son visage. Dois-je prendre mes jambes à mon cou ? Il essaie de dominer la fureur qui le gagne.

 

BILAN :

En une matinée, il aura au final imprimé… trois courriers.

Non je ne les ai pas comptés. Il les a fièrement exhibés : trois trophées en jet d’encre.

Trois courriers en… plus de trois heures !

Une moyenne d’un courrier à l’heure.

Un rythme plutôt correct pour un… fonctionnaire de sa trempe.

 

* cf. "T.O.C. T.O.C." paru le jeudi 10 mars 2011.

Par Jérémy STORM - Publié dans : Tout sur Jean-Eudes... - Communauté : le rêve, l'art et l'écriture..
Hep Hep un p'tit comm'... - Voir les 4 comm'
Jeudi 24 mars 2011 4 24 /03 /Mars /2011 18:22

Face à la pression appuyée d’un public assidu qui réclame à corps et à cris d’autres petites folies gratinées (Quatre fidèles lecteurs participatifs, ça se bichonne ! J’écoute la voix de mes quatre fans… avant que ceux-ci ne disparaissent, happés dans la toile du web, vers d’autres horizons plus visuels…), et comme l’inimitable Jean-Eudes Trusq est une source de décalage et de décadence inépuisable, j’ai en réserve quelques petits délires de son cru.

 

Plus besoin d’insister sur le contexte.

Jean-Eudes + Moi + une sérénité apparente + le ciel bleu + des bruits de fond

= Cerveau de Jean-Eudes qui s’électrise

= De petites folies gratinées

 

Alors on continue ?

On repart pour un tour ?

On surfe sur la vague de bêtise ?

Même joueur joue encore.

 

Telle une statue de sel figée sur mon siège, je suis concentré face à l’écran informatique.

Je ne bouge pas, il ne bouge pas jusqu’à ce que sa voix nasillarde retentisse :

« Que fÊÊÊis-tu lÀ JÉÉrÊÊÊmy ?

Tu erres comme une Âme en peine.

T’as l’air perdu. (Et toi tu as l’air con !)

T’as cette gueule que font les cockers À l’arriÈre de la bagnole. »

 

Une page de publicité :

« Moi aussi, comme Omar Sharif, les courses, c’est ma grande passion.

… Les courses chez Astrid T. bien sÛr ! »

 

Quand il explore l’humour absurde de manière involontaire, cela donne :

« Le centre est trop loin du milieu. »

 

Je lui fais suivre un mail que l’on m’avait adressé par erreur, il s’emporte :

« Je te remercie princiÈrement pour ce miracle de l’informatique.

Tu m’as rendu un service ex-tra-or-di-naire.

Tu as changÉ radicalement le cours de ma vie. »

 

A propos d’un ou d’une collègue qu’il déteste, il lâche :

« Il faut se mobiliser pour lui offrir un aller – sans retour ! –  pour Tokyo. »

Et d’enchaîner avec une chanson :

« Besoin de rien, envie de toi… comme jamais envie de personne… »

 

Quand il devient philosophe, il crie plus qu’il ne s’exprime :

« Nous en sommes arrivÉs À un stade oÙ il ne sert plus À rien de vivre ! »

 

J-E.T. entame une révolution urbaniste :

« Les noms des bourgades et autres villages en Province sont tellement laids qu’il va falloir que Jean-Eudes remÉdie À tout cela au plus vite. Je vais crÉer de vÉritables noms de ville dignes d’intÉrÊt comme : Jean-Eudes-sur-Seine, Villeneuve-Trusq, Palavas les mots bleus et… Montcuq en sera la capitale ! »

 

J’ouvre la fenêtre et je jette de manière machinale un coup d’œil distrait au dehors :

« JÉÉrÊÊÊmy, NOOON !!!... Ne saute pas !

tu as encore toute la vie devant toi.

Je te promets de te trouver un mec.

J’ai plein de copains gays cÉlibataires.

Ne te jette pas par la fenÊtre, par pitiÉ.

Ça n’en vaut pas la peine. »

 

Une autre de ses grandes passions, la chanson :

« En espadrilles, on fait du vÉlo…

En espadrilles, on fait d’la moto…

En espadriiiiilles… »

Vous connaissiez ?

Moi pas du tout.

Il s’agit de Richard Gotainer.

Lui qui insiste pour ne mettre l’accent que sur les musiques indépendantes et snobinardes…

 

Une pile de dossiers s’écroule depuis mon bureau.

J’étouffe un "merde" de contrariété ; il me rétorque :

« Tu deviens catho ? »

Je marque un gros blanc.

Mékessekil me raconte encore ?!?!

« Tu dis Amen. Alors moi je te demande si tu vires catho. »

J’ai préféré laisser tomber.

 

Je vis en face d’un ado dont les hormones bouillonnent, enfermé dans un corps de quarantenaire retardé. Or personne ne se dévoue pour éteindre ce volcan cracheur :

o de feu et de lave en fusion.

o d’ardeurs et de frénésie sexuelles.

o de phraséologies et de futilités sémantiques.

o de maniérisme, d’affectation et de snobisme.

o de billevesées et autres stupidités.

(plusieurs réponses possibles)

Parler constamment de sexe, c’est le signe d’un manque sérieux.

Je n'ai pas encore mis le doigt dessus ni dedans d’ailleurs (beurkk !) mais je finirais bien par comprendre son obsession.

 

« JÉÉrÊÊÊmy, est-ce que tu pourrais demander À Princesse K.K. si elle porte des Wonderbra ou si sa poitrine est naturellement bombÉE ?

A ton avis, quel type de petites culottes elle porte ? »

 

Dans un mélange de dignité et de sadomasochisme :

 « Tu sais que je trouve la chef trÈs À mon goÛt.

J’en ferai bien mon affaire…

Et surtout,… j’aimerais que Princesse K.K. me fouette.

… Mais pas dans les locaux tout de mÊme.

J’ai ma dignitÉ. »

Fessez-moi Princesse K.K.

Oh oui, faites-moi mal.

MDR MDR.

 

Alors celle-là tient le haut de la fesse… pardon, le haut de l’affiche :

« Tu sais ce que c’est qu’un gode Jelly, JÉÉrÊÊÊmy ?

J’ai une copine qui me demande oÙ elle peut acheter un gode Jelly.

Elle a une soirÉe travestie ce samedi ! »

 

A propos des populations des pays du Nord, il affirme sans l’ombre d’un doute :

 « Ceux-lÀ… LÀ-haut… Ils sont tous blonds.

Est-ce que leurs femmes ont aussi des chattes blondes ?

Parce que les boulettes suÉdoises, ça me dÉgoÛte.

Le hareng, c’est dÉgueulasse.

Et la mer est hautement radioactive. »

Notez le dénigrement limite raciste, d’une part

et le rapport de cause à effet sans queue ni tête, d’autre part...

Quoique ! Boulettes… Hareng… Eau de mer…

A force d’être en contact avec l’autre zigue, quelque métaphore grivoise me vient en tête.

Par Jérémy STORM - Publié dans : Tout sur Jean-Eudes... - Communauté : Les chroniques de la meute
Hep Hep un p'tit comm'... - Voir les 4 comm'
Mercredi 23 mars 2011 3 23 /03 /Mars /2011 18:58

Le meilleur du pire des phrases (in-)cultes et autres petites folies gratinées se poursuit aujourd’hui.

 

Est-il utile de vous rappeler le contexte ?

Un cagibi d’un calme peu ordinaire où la quiétude semble avoir remporté une première bataille contre le verbiage salivaire.

Un calme de courte durée avant la tempête Trusquienne…

En effet, surgie de nulle part, la petite phrase assassine de Concon vous cloue sur place. Cinglante, vous vous la prenez en pleine figure telle une gifle qui vous décolle la mâchoire et vous ne savez de quelle façon réagir.

 

Chuuuuuuttt… !!

L’épisode commence.

Que l’on m’apporte le plateau de suprême de dindonneau sur sa farce d’idioties !

 

Pour débuter la série, place à la psychose générale made in Japan :

« Il faut en profiter aujourd’hui JÉÉrÊÊÊmy.

C’est notre dernier jour…

On va tous mourir irradiÉÉÉs. »

 

Dans la même veine, et fraîche du jour :

« Ça se vend oÙ les compteurs Geiger ?

Je dois surveiller le taux de radiations de mes aliments. »

 

Ce qu’il pense des membres du personnel qui peuplent le service et la Collectivité :

« Tout le monde a l’air frustrÉ ici.

Vous avez tous des sourires pincÉS de nonnes frigides qui n’ont jamais vu le loup. »

 

Avec les dizaines de vocations qu'il s’est inventé dont la plus fantasque a marqué les esprits (photographe porno !), plus rien ne m'étonne de la part de Môssieu TRUC :

« Nos bureaux sont archaïques, la moquette atroce. Et le look des collÈgues ne ressemble à rien. Ils ne savent pas se fringuer. Ils ne savent pas ce qui est beau. Pourquoi ne me désigne-t-on pas responsable du design des bureaux et des costumes des agents ? »

 

Un goût presque légendaire pour l’emphase :

« Je veux rÉécrire l’Histoire :

la France redeviendra une monarchie…

Et Jean-Eudes en prendra le contrÔle.

Jean-Eudes Trusq, le Roi Soleil Tout Puissant. »

 

Sa vision de la mondialisation :

« Pourquoi le dollar n’est-il pas notre monnaie nationale ? »

 

Celle-là est particulièrement effrayante et mérite une attention particulière.

Grand silence dans les parages, seul le bruit du clavier trouble la monotonie ambiante.

Tout à coup, alors que je suis absorbé dans un problème financier, je tressaute lorsqu’il débite à la façon d’une mitraillette :

« Poule-poule-poule-poule-poule... »

(ou serait-ce plutôt : « Pull-pull-pull-pull-pull… » ?!)

A qui fait-il référence ?

A l’ordre des gallinacées ou au stand de tir où l’on dégomme des pigeons en argile ?

 

Il sait varier les plaisirs. Attention ! On change de syllabe :

« Shoes-shoes-shoes-shoes-shoes… »

Astrid T., sors de ce corps!

(ou, avec son accent anglo-saxon douteux, voulait-il prononcer :

« Choose-choose-choose-choose-choose… » ?!)

Où s’arrête la raison ?

Où commence la folie ?

 

On ne sait pas d’où ça vient mais il fallait que ça sorte :

« A chaque fois que je me retrouve dans le bureau de Princesse K.K.

j’ai envie qu’elle me viole. »

 

Passons à la gastronomie :

« Quand Mc Do’ proposera du champagne et du foie gras,

on m’y verra attablÉ tous les jours. »

 

Réincarné en poète époque georgienne, il déclame :

« Ô Astrid T. ! Ô Astrid T. !

Pourquoi es-tu Astrid T. ?

Renie le coton et abdique ton nom ;

Ou, si tu ne le peux pas, jure de m'adouber,

Et je ne serai plus un gratte-papier. »

Aurez-vous reconnu l’adaptation d’une célèbre tirade de Shakespeare ?

(La fameuse scène du balcon entre Roméo et Juliette.)

 

Après de longues heures à regarder le ciel bleu (et les élèves esthéticiennes avec son œil de loup à la Tex Avery) ainsi qu’à compter les dalles au plafond et les puces dans ma moquette, il lâche :

« Je m’accorde une pause. Salut. »

Il enfile sa veste – de marque ! (Je vous laisse deviner de qui.) – et tout tranquillement, pépère part s’acheter un morning croissant.

 

Pour conclure :

« Cela m'arrive souvent de faire un burn-out dans ma tÊte.

Et toi, JÉÉrÊÊÊmy ? »

Par Jérémy STORM - Publié dans : Tout sur Jean-Eudes... - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
Hep Hep un p'tit comm'... - Voir les 4 comm'
Mardi 22 mars 2011 2 22 /03 /Mars /2011 19:42

Pour le chapitre du jour, le contexte revêt une ampleur capitale.

 

Imaginez le silence qui plane sur le bureau…

Une absence de bruits toute relative. En effet, notre environnement immédiat est parasité par la vie administrative qui bat son plein, des collègues qui déambulent dans le couloir, d’autres qui rôdent, des appareils high-tech – dernier cri au siècle dernier – dont la quincaillerie bourdonne, siffle ou s’époumone, plus la circulation en continu des véhicules à l’extérieur.

 

Imaginez un Jean-Eudes, la reine mère des commères en boniments, qui se tait.

Parfois, l’invraisemblable se produit : il accorde à ses cordes vocales – et à mes oreilles ! – un peu de repos et beaucoup de répit.

Alors que je suis plongé dans les affres administratives, il rumine ses idées, cogite sur de futurs projets, imagine de nouvelles positions sexuelles, fantasme sur ses supposées maîtresses. Bref, mieux vaut ne pas cohabiter avec lui dans sa tête.

 

Imaginez un bureau baigné dans le calme.

Soudain, Jean-Eudes, après moult tempétueux tumultes qui font rage dans son crâne, ne peut contenir plus longtemps l’idée fixe qui l’obsède. Il ouvre grand la bouche et régurgite de manière abrupte sa bêtise : une formule tarabiscotée, une réflexion de son propre cru qui laisse pantois. Un monde impénétrable, grotesque et extravagant.

Cette remarque arrive comme un cheveu sur la soupe.

Inattendue, elle vous frappe de surprise voire vous déstabilise.

 

Voici un premier aperçu de quelques phrases que j’ai relevées, de ci, de là, prononcées au cours de ces derniers mois. De "petites folies gratinées" dont Jean-Eudes détient le secret.

 

Chuuuuuut.

Maintenant tout le monde se tait.

Un grand silence règne dans le bureau depuis plusieurs dizaines de minutes.

Jean-Eudes passe à l’action…

 

Entre son pouce et son index, il tient une gomme.

« Je t'Échange CETTE gomme… contre un frigo. »

Totalement abruti par ce troc inéquitable qui pue l’arnaque, je ne comprends guère où il veut en venir. Je l’observe avec des yeux ronds en me répétant en mon for intérieur :

"Quel débile profond !"

Après un long moment de doute quant à son bilan psychologique, il m’informe que son réfrigérateur est tombé en panne la veille au soir.

 

Alors que nous siégeons face à face depuis plus de cinq ou six heures (matin plus après-midi avec pause déjeuner), il balance :

« Bonjour JÉÉrÊÊÊmy… EnchantÉ JÉÉrÊÊÊmy… Tu t’Éclates ? »

 

Mon échelle de Richter personnelle s’est mise à trembler lorsqu’il m’a demandé :

« T’aurais pas une mitraillette ?…

Ou un fusil ?

Ça fera l’affaire aussi. »

 

Bob Marley prend parfois possession de son corps :

« T’as dÉjÀ utilisÉ des bougies parfumÉes À la rÉsine de cannabis ? »

 

Il rêve les yeux grands ouverts :

« Sable… Palmiers… DÉsert… Oasis… Chamelles…

C’est dÉcidÉ : ce soir je vais acheter la Volkswagen Touareg V6 TDI. »

 

Du J-E.T. pur jus :

« J’ai toujours rÊvÉ d’avoir de la poitrine…

Une bonne grosse paire de nibards rien qu’à moi.

Je pourrais les peloter À longueur de journÉe.

Et toi JÉÉrÊÊÊmy ? »

 

« C’est irrÉsistible comme j’ai envie de lui couper la tÊte. »

Pas la moindre idée à qui il pouvait faire référence.

Un homme ? Une femme ?

Princesse K.K. ? Ze Gros Chef ?... ou moi ?

 

Question poids :

« Si je dois maigrir, est-ce que je dois me mettre À fumer ? »

 

Mon visage s’est décomposé quand avec sa candeur et son indiscrétion habituelles, il a cherché à savoir :

« Tu t’es dÉjÀ fait sautER par un routier gay ?

Ils sont sympas ? »

 

Pour terminer, un peu d’humour à la sauce Jean-Eudes :

« Que le Tampax vite !

Ah ah ah que je suis drÔle ! irresistible.

Tu as compris JÉÉrÊÊÊmy ?

Que le temps passe vite, que le Tampax vite ! »

 

 

A suivre…

Par Jérémy STORM - Publié dans : Tout sur Jean-Eudes... - Communauté : Les chroniques de la meute
Hep Hep un p'tit comm'... - Voir les 5 comm'
Lundi 21 mars 2011 1 21 /03 /Mars /2011 19:07

« Allô ma chêêêriiiie… C’êêst ton êêêtalon d’amour… (Il émet une sorte de hennissement tel un cheval atteint de rhinopneumonie !) Ça va ?... Môôa ça va trêêês trêêês bien. Splendidement bien avec ce magnifique soleil qui resplendit… Vive Obama, Président des Etats-Unis !... Bien sûr, je t’êêêime Kat’… Tu êês la plus belle d’entre toutes les femmes… Tu êês la plus belle de la planêêête… Et n’oublie pas :… Jean-Eudes t’êêêime… Bisou. » (Suivi, avant de raccrocher, d’un mouak qui claque dans le combiné.)

 

Boudiou !, que c’est trognon, n’est-il-pas !

Cela vous fait-il rêver, mesdemoiselles ? Et mesdames, bien entendu. Un mari tendre, romantique, aussi attentionné que J-E.T. qui, amoureux comme au premier jour, vous téléphone pour vous susurrer au creux de l’oreille que vous êtes la plus belle au monde et qu’il vous aime d’un accent si Don Juan-Eudien.

 

Il se redressa sur son siège et se tourna vers moi :

« Ma femme est monstrueuse ! Une poire. On dirait une poire avec des jambes. Elle a dépassé le stade de la montgolfière ; elle s’est muée en… en mastodonte, en poids lourd de cinq tonnes. Je vis avec Obélix à la maison. Du matin au soir, elle se traîne telle une limace avec tout ce gras qui pendouille de partout. Elle n’attend pas un enfant mais un cheptel. Elle est en transhumance. Quand est-ce qu’elle compte lâcher les eaux ? Du moment que ce n’est pas sur mon beau tapis d’inspiration ottomane tufté à la main et en provenance directe d’Iran. Elle est tellement enflée qu’on dirait qu’elle va… On dirait qu’elle va… »

Il n’acheva pas sa phrase. Pourtant les idées de manquaient pas. "On dirait qu’elle va…

… exploser, éclater, détoner, creuser un cratère sous chacun de ses pas, créer une éclipse de soleil dès qu’elle mettra le nez dehors, ou imploser."

« Vivement qu’elle le largue ! Je n’en puis plus. C’est au dessus de mes forces. La voir chaque matin au réveil relève du cauchemar. Chaque matin, je me réveille à côté d’elephant woman. Manque plus que la trompe et les défenses, je te jure Jéérêêêmy, et le tableau sera complet. Ce que je ne comprends pas, c’est qu’elle a toujours les traits du visage aussi fins. Qu’en penses-tu toi Jéérêêêmy ?... C’est peut-être parce qu’elle est si grosse que son visage me paraît encore plus fin… Cette nuit, j’ai rêvé de Princesse K.K… Nous étions tous les deux, au bord de la mer, sur une plage de sable fin, au crépuscule. Nous regardions le soleil se coucher sur l’horizon. Nous avions allumé un feu de bois et je faisais griller des saucisses (Des saucisses !! Allô Mister Freud au Paradis, cela cacherait-il un quelconque sous-entendu ?) Elle me posa la main sur le genou et me le caressa langoureusement tout en me rassurant : "Ça va aller Jean-Eudes avec ton travail. Tu vas t'en sortir, ne t'inquiète pas. Et si tu ne t’en sors pas tout seul, on filera tous les dossiers pourris à Jéérêêêmy." Et au moment où elle allait m’embrasser, j’ai été réveillé par une vive douleur dans le bas ventre ; Katarina m’a envoyé un coup de genou et j’ai failli être expulsé du lit.

- Elle accouche bientôt. Prends ton mal en patience.

- Encore trois semaines ! Trois semaines avec cette vache informe… Ce qui est bien tout de même dans mon malheur, c’est qu’elle a attrapé de gros seins, des seins énormes… T’as déjà goûté au lait maternel directement à la source Jéérêêêmy ? »

Et il s’esclaffa... si fort qu’une quinte de toux le saisit.

Étouffe-toi une bonne fois pour toute !

Alors qu’il continuait de rire et de tousser, il porta ses deux index à la bouche, les enduisit de salive et se mit à se caresser les tétons sur son pull marron signé Astrid T. parsemé de bouloches.

 

C’est ce moment précis que choisit Sandrine pour faire irruption dans notre bureau :

« Salut les filles. On parle chiffons ? »

Elle marqua un temps d’arrêt face à un Jean-Eudes hilare en train de se masser d’un air salace la zone pectorale. « Je vous laisse entre vous et à vos mœurs… particulières ». Et Sandrine prit la fuite.

 

« Puff quelle chochotte aussi cette Sandrine ! De toute façon, les tétons de Katarina sont tout craquelés… Ça ressemble au sol du désert Atacama… Le désert d’Atacama… Au Chili Jéérêêêmy. Le Chili se situe en Amérique du Sud Jéérêêêmy. Le désert le plus aride au monde, paraît-il… Un peu comme Katarina en ce moment… Question Jéérêêêmy : est ce que tu connais un resto avec des fauteuils "club" ? Tu vois, ce genre de fauteuils assez larges pour accueillir les fesses d’une américaine nourrie aux hamburgers depuis sa plus tendre enfance. Je ne vais pas continuer à rester enfermé plus longtemps à la regarder enfler ; je la sors au resto dès ce soir… Question Jéérêêêmy : est-ce que tu crois que je dois envoyer un faire-part au service pour signaler la naissance de mon fils ?... Dès sa naissance, j’emmènerais le petit Jean-Blaise Trusq dans les musées, découvrir Banksy ; dans les tribunes, assister aux matches de foot avec l’Olympique de Marseille ; aux défilés Astrid T et au cinéma, voir les rétrospectives sur Godard… »

Par Jérémy STORM - Publié dans : Tout sur Jean-Eudes... - Communauté : La Petite Fabrique d' Ecriture
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