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  • Le blog de Jérémy STORM
  • : 21/10/2009
  • : Plongez au cœur d’un univers farfelu et très souvent absurde : celui de la Fonction Publique Territoriale. Guidés par Melle Gudu, Melle "Animaux Morts" et l’infatigable Jean-Eudes TRUSQ, dit J-E.T., vous vous approcherez au plus près de la bêtise humaine… ahurissante, déconcertante, déroutante, haute en couleur et toujours comique. J’épingle les travers du millefeuille administratif dans lequel je me sens oppressé et compressé ; je m’élève contre les aberrations d’un système archaïque.
  • : Vie perso / Journal intime Littérature humour mairie chroniques Littérature
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  • Jérémy STORM
  • Le blog de Jérémy STORM
  • En ces lieux où l’inepte rime avec stupide, je tente d’apprivoiser tant bien que mal J-E.T. et ses lubies. Je prends du recul et je pimente mon quotidien d’une pincée d’humour.

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Mardi 26 avril 2011 2 26 /04 /Avr /2011 19:52

Raaahh lalalala...

Première journée d’une énième semaine invariable en tout point de vue dans la Collectivité.

Une semaine réduite à quatre jours après un lundi férié des plus appréciables.

Semaine allégée et pourtant…

Déjà ma motivation s’est écroulée telle la bourse de Tokyo suite aux répercussions sismiques.

Motivation emportée dans un tourbillon de tourments par une chasse d’eau vorace.

 

10h25.

Nom de Zeus, il n'était que 10h25 !

Où que mon regard se portât (l’horloge en bas à droite du moniteur ou l’heure sur l’écran digital du téléphone ou encore le bracelet de prisonnier du temps communément dénommé montre), l’implacable métronome égrainait ses insaisissables minutes. Cependant, loin d’être fugitives, les minutes semblaient figées dans l’espace. Toutes les pendules indiquaient 10h25.

Bon sang, ça n’avance pas. Que le temps me paraît long ! Ne se serait-il pas arrêter ?

A peine plus de deux heures s’étaient écoulées depuis mon arrivée dans cet antre ! Antre dans lequel je resterais enfermé durant huit longues et désespérantes heures. Enfermé entre ces quatre murs où s’y exprime l’ineptie si caractéristique de mon métier. A me lamenter comme la jolie Rapunzel emprisonnée au sommet d’une haute tour, mais une Rapunzel en version chauve ! sans les longues boucles d’or qui tombent en cascade le long de son minois innocent.

Donne-moi ta tignasse, pétasse ! Fausse blonde !

 

10h26 !

Encore soixante secondes jusqu’à la minute suivante…

Pourquoi la courbe du temps ne s’accélère-t-elle pas pour me propulser directement à l’heure de la sortie ? Téléportez-moi dans le futur. Zappons ces heures inutiles de ma triste vie.

 

Une interminable journée s’annonçait et je devinais la lassitude s’enraciner en moi.

Non pas que je manquasse de travail (Que c’est laid ce subjonctif imparfait ! Tignasse, pétasse, blondasse… manquasse, même combat !), au contraire j'avais quatre mois de retard à rattraper plus une partie des conneries de Jean-Eudes à me farcir...

Ô rage, ô meurtre à l’arme blanche que je vais bientôt commettre…

Un rat mort s’amuserait mieux que moi : des tas de papelards administratifs, des courriers publipostés à imprimer, à tamponner, à plier, à envoyer, des subventions à payer, des bidouillages financiers via informatique… Bref dépourvu de tout intérêt et soporifique à souhait.

 

Je n’ai jamais autant expérimentÉ l'ennui que depuis que je suis à ce poste.

Sinon dans ma vie de tous les jours, cet état m’est étranger ce qui contrebalance.

 

Et si j’adoptais la méthode Coué revisitée par Jean-Eudes : la J-E.T. Coué Attitioude, c’est-à-dire l’autosuggestion chuchotée. Au point où j’en étais…

Courage Jérém’… Une semaine écourtée… Quatre petits jours… Ce sera bientôt vendredi.

Oublie tes états d’âme, annihile tes neurones, transforme-toi en automate…

Non, je ne peux pas… Vivement la retraite !

 

Retraite.

Le mot était lâché !

Un mot à bannir d’urgence de mon vocabulaire qui court vers sa décrépitude. Dans trois ou quatre décennies, il aura disparu du dictionnaire sauf en tant qu’exemple de la définition du mot utopie.

 

Encore quarante années à me taper… Au moins.

Je suis parti jusqu’à 70 balais !! Si ce n’est pas plus…

Si le système des retraites existe encore…

Ne te projette pas si loin dans l’avenir. Trop incertain…

Et si je reste en compagnie de l’autre dingo durant toutes ces années, je ne le supporterais pas…

A la une du magazine DÉtective :

Une histoire glauque dans la Fonction Publique : il a étranglé son collègue parce qu’il parlait trop.

 

La retraite en 2050.

Un rêve que seuls nos aînés et leurs ancêtres auront caressé et qui ne nous appartiendra jamais plus si l’on n’a pas capitalisé auparavant. Après les crises successives que la génération "35 heures" aura connu (chômage de plein fouet, logement hors de prix, trou abyssal de la Sécu), la prochaine crise qui nous pend au nez concernera nos retraites après avoir payé celles de nos parents.

J’en veux pour preuve un article du Monde, du 13 avril 2010 par Claire Guélaud, qui titrait :

« Retraite : sans réforme, le déficit cumulé attendrait 2 600 milliards d'euros en 2050. »

Nos parents auront savouré une vie relativement sereine, bien plus que celle des salariés d’aujourd’hui : quasiment pas de chômage, retraite à 60 ans et soins de santé sans limites.

 

Rapide calcul approximatif avec les données actuelles.

Après de longues études, j’ai commencé à travailler à 25 ans… pour un salaire misérable de 1 200 € à mes débuts ! (duquel l’on déduit le loyer, les charges courantes et frais de déplacement ainsi que les besoins primaires comme s’alimenter. Que reste-t-il en fin de mois ? Des clopinettes. Bonne réponse Mme Michu.) Bref, il faut cotiser 43,5 années… On ajoute quelques futures modifs du gouvernement et hop on atteint les 70 ans sans problème !

Une ampoule lumineuse s’éclaire au dessus de moi.

Cela soulève un paradoxe : les jeunes doivent faire de longues études ; et au final, nous en sommes pénalisés. Si l’on intégrait les années d’étude supérieures validées (comme si je m’étais amusé pour obtenir mes diplômes !) dans le mode de calcul des annuités pour la retraite.

 

A 70 balais, ma santé se sera dégradée voire détériorée de manière considérable. Je me rendrais au boulot en déambulateur avec une protection pour incontinent. Une bonne nouvelle dans ce marasme, Alzheimer m’aura rattrapé et chaque jour apportera un renouveau lorsque je redécouvrirais le con qui me fait face ! Ensuite je clamserais sur mon clavier. On retrouvera mon cadavre rigidifié baignant dans mes fluides corporels. Oui Mme Michu, les sphincters se relâchent.

Je recevrais à titre posthume et honorifique… un cercueil bio pour service rendu à l’Etat.

Voilà pour la génération "35 heures" ou la "France qui se lève tôt".

 

Certains en revanche s’en tirent plutôt bien. Pour ne pas les citer : tous ces hommes politiques comme le Président de la République, les sénateurs, les députés, les conseillers régionaux et généraux, les maires, les membres du Conseil Constitutionnel et compagnie. Payer comme des rois (exemple d’un député : retraite à 55 ans, même s’il n’a cotisé que quinze ans, et un revenu brut mensuel de 4 800 €) pour dormir dans l’hémicycle !

 

D’ici là beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts…

Donc pas de plans sur la comète.

La solution de l’avenir : cotisons dès notre naissance.

Travailler plus pour gagner plus pour… cotiser plus !

Votre esclave vous salue bien bas.

Par Jérémy STORM - Publié dans : Vie au bureau - Communauté : L'actualité des labels participatifs
Hep Hep un p'tit comm'... - Voir les 9 comm'
Dimanche 24 avril 2011 7 24 /04 /Avr /2011 14:22

«  La psychanalyse est un remède contre l’ignorance. Elle est sans effet sur la connerie. »

(Jacques Lacan)

Par Jérémy STORM - Publié dans : Citations
Hep Hep un p'tit comm'... - Voir les 4 comm'
Samedi 23 avril 2011 6 23 /04 /Avr /2011 17:53

(ou TOUT CE QUE JE RÊVE DE DIRE À J-E.T.)

 

Cher Jean-Eudes Trusq

Avec un "Q" au bout

Et une b… à la place du cerveau.

 

Je ne t’ai pas choisi

Je ne suis pas ton ami

Je n’appartiens pas à ta famille

Je ne suis qu’un collègue parmi d’autres.

Je ne suis pas ton confident.

On t’a imposé à moi

Cette distinction est notable.

 

J’ai la malchance de te côtoyer au quotidien

Plus que quiconque ne pourrait en supporter !

Toi et tes trusqueries bizarres et anxiogènes

Comme une poisse qui me colle à la peau

Comme un pacte avec le Diable signé sous la contrainte

Comme une malédiction qui me poursuit durant mes vies antérieures

Comme une damnation éternelle sur cette Terre.

L’Enfer, ce n’est pas les autres, c’est toi.

 

Ce n’est pas que je ne t’apprécie pas

Ce n’est pas que je ne t'aime pas

Cela va au-delà et dépasse l’entendement :

Je te déteste, je t’abhorre, je te vomis !

Tu transcendes mon dégoût

Tu décuples ma haine.

 

Je te trouve idiot et moche.

Et j’en rajoute une louche :

Tu n’es qu’un con ! Un gros con.

Tu as une tête de Mii et des goûts de chiottes.

Tu es snob et tu crois avoir inventé l’eau tiède.

Tu es un menteur, pire un mythomane.

Et je pèse chacun de mes mots.

 

Tu vis dans un monde irréel,

Un univers de fantasmes

Peuplé de gourgandines en string

"Jean-Eudes au pays des Pucelles"

Tu te crois irrésistible, tu crois être un tombeur.

Réveille-toi : personne ne veut de toi.

Ouvre les yeux : toutes les femmes t’évitent et te fuient

Assume la réalité : tu les répugnes.

 

Tu es un incapable,

Un incompétent, un bon à rien,

Un fainéant de première classe,

Un fonctionnaire de seconde zone.

 

Tu n’apportes rien à personne sur cette Terre.

Ta vie même ne sert à rien

Et ta présence m'incommode.

 

Je peux te préparer un nœud coulant,

T’aiguiser un sabre pour hara-kiri.

Je peux aussi t'ouvrir le gaz

Ou simplement te pousser par la fenêtre.

 

Mais par pitié :

FOUS-MOI LA PAIX

VA MOURIR AILLEURS.

 

Waouh ça soulage !  

Par Jérémy STORM - Publié dans : Poèmes - Communauté : Revue poésie et nouvelles
Hep Hep un p'tit comm'... - Voir les 6 comm'
Vendredi 22 avril 2011 5 22 /04 /Avr /2011 19:43

Pourquoi – et comment – ce quadragénaire, maniaque sexuel en liberté conditionnelle au prénom CON-posé et à l’esprit dérangé, s'est-il retrouvé par je ne sais quel concours malencontreux d’obscures circonstances assis juste en face de moi ?

 

Durant plus d’une année de forçat en sa compagnie, j’ai analysé son comportement atypique, disséqué ses monologues sans queue ni tête, étudié sa psychologie de bazar, examiné de près ses symptômes irrationnels, référencé tout autre signe de déséquilibre mental, sondé son inconscient perturbé, listé ses manies et autres travers, glané des pistes de recherche, grappillé tous types d’informations en pagaille, recueilli divers renseignements, récolté de petits détails, rassemblés des témoignages, décodés des sous-entendus, inspecté ses courriers, fouiné dans le réseau informatique, amassé des indices et collecté des preuves.

J’ai pris le temps pour établir un portrait robot le plus fidèle possible du trublion Trusq.

Résultat éloquent : Jean-Eudes Trusq est un psychopathe schizophrène à tendance paranoïde.

Je vous entends déjà vous exclamer derrière vos écrans :

« On le savait déjà ! ; Tu nous prends pour des idiots ! ; On avait compris depuis le temps… »

Tout était à recommencer.

 

Je n’ai pas baissé les bras et j’ai repris mon enquête.

D’abord, j’ai recoupé entre eux des événements précis, identifié des épiphénomènes, juxtaposé diverses scènes quotidiennes, exploré la vie fantasque de notre anti-héros Jean-Eudes Trusq, vie qui, soit dit en passant, n'a rien d’extraordinaire voire pas le moindre intérêt. Ensuite, j’ai combiné certaines révélations avec diverses rumeurs, entrecroisé de maigres détails avec des faits indiscutables, conjugué le passé de son présent au futur (Ça ne veut rien dire mais justement il faut entrer dans la peau du personnage !), agencé mes certitudes et mes doutes, relié des conséquences à des causes. Enfin, j’ai élaboré des stratégies à dormir debout, édifié des plans sur la comète, spéculé sur des conclusions affligeantes ; j’en ai extirpé la substantifique moelle.

Résultat : peanuts ! J’ai fait chou blanc, il faut l’avouer.

N’est pas Sherlock Holmes, Columbo, Hercule Poirot ou Miss Marple qui veut.

Après vingt mois d’une investigation intense via le blog, je ne suis absolument pas parvenu à m’expliquer la raison pour laquelle il avait atterri là ni les causes de sa dinguerie.

 

La question que je me pose et qui s’impose, au delà du fait que la Direction des Ressources In-Humaines ait voulu s’en débarrasser et le placardiser au Service de l’Art Décadent, est la suivante : comment a-t-il fait pour décrocher son concours de rédacteur territorial ?

Vu la personnalité hyper-stressée du phénomène, cette phase mérite que l’on s’y attarde.

A-t-il été pistonné par quelqu’un en interne – probablement de très haut placé ?

Ou sa singulière individualité et son égocentrique tempérament ont épouvanté les examinateurs ?

Cette question demeurera à jamais une énigme...

De quelle façon, lors des oraux, cet angoissé de la vie a-t-il pu maîtriser son comportement ?

Lors de tout entretien, il est incapable de parler de manière cohérente. Remember l'entretien d'embauche avec Princesse K.K. et Melle Quatrevieux (sa copine !)* pendant lequel son émotion l’avait transi de peur. Plus aucun mot ne sortait de son gosier. Paralysie psychologiques des cordes vocales. Il avait quitté la salle pour prendre l’air et respirer un grand coup. La nana des R.I.H. l'avait consolé en lui promettant le poste. Ainsi il a pu articuler quelques mots et aligner des phrases intelligibles et structurées.

 

Ce matin, Jessica a distribué, en avance (une fois n’est pas coutume), les chèques restaurants pour le mois d’avril. Le graphisme de présentation du carnet avait changé. Une multitude de lignes vertes parallèles, courbes et très rapprochées les unes des autres donnaient une impression de malaise, presque de vertige. Ça ressemblait à un test visuel de dépistage du daltonisme ou à ceux que l’on reçoit par mail, comme par exemple, fixer ce point durant quinze secondes puis regarder le mur et vous verrez apparaître Jésus en bikini.

 

Jean-Eudes observait avec une attention soutenue ces arabesques envoûtantes de lignes épurées.

Et là tout bascula.

Parfois l’effroi se matérialise et devient palpable. Il se situe à portée de doigt et se nomme Jean-Eudes Trusq avec un "Q" au bout. Je l’ai pleinement réalisé aujourd’hui.

 

Quand le lycanthrope en vous se réveille,

Quand le comte Dracula exhibe ses canines de vampire,

Quand le docteur Bruce Banner se transmute en Hulk,

Quand Docteur Jekyll devient Mister Hyde,

Quand en Damien, un jeune garçon innocent, s’incarne l’antéchrist,

Quand Mario, le plombier débonnaire se dédouble en Wario, le faux frère maléfique,

Jean-Eudes se transforme en Jack Torrance (joué par Jack Nicholson) dans "Shinning" qui plonge dans la psychose meurtrière, avec un côté "Carrie", la pyromane télékinésique au physique disgracieux qui vous pourrit l’ambiance de votre bal de fin d’année. Arrosez d’un jet de vomi verdâtre version "L’Exorciste" et la tête de la gamine qui tourne à 360°.

Voilà ce que j’ai ressenti quand il m’a exposé sa nouvelle lubie :

 

« Ça n’t’arrive pas de voir des choses pas possibles ?

- C’est-à-dire ? Tu peux préciser.

- Des trucs genre hallucinogènes alors que t’es réveillé ?

- Euh… Non.

- Comme des mirages qui se dessinent sur l’horizon ?

- Non.

- Des chimères qui jaillissent d’un coup tel des spectres évanescents ?

- Pas le moins du monde.

- Des feux follets qui dansent un rock endiablé devant toi ?

- Jamais.

- Des phénomènes optiques inexplicables et inexpliqués ?

- Absolument pas.

- Des rêves qui prennent corps ?

- Encore moins.

- Des apparitions d’un passé que tu croyais révolu ?

- Impossible.

- Des formes informes et translucides ?

- Ça va vraiment pas.

- Des êtres difformes qui s’enfuient quand tu arrives ?

- Tu vis dans un film d’horreur !

- Comme des bêtes ou des monstres ?

- Et des schtroumpfs ? Tu en vois des schtroumpfs.

- Des distorsions de l’espace temps ?

- Encore mieux ! Des distorsions de l’espace temps !

- Tu vois l’univers qui se tord comme s’il passait dans une machine à laver.

- Non, je ne vois rien de tout ça Jean-Eudes.

- Des étoiles qui brillent en plein jour ?

- Ma parole, aurais-tu forcé sur la bouteille ?

- Des flashes lumineux qui te piquent les pupilles ?

- Serait-ce une insolation ?

- Genre psychédélique, kaléidoscopique dans un nuage de fumée ?

- Pas du tout.

- Des éclairs de couleur qui parasitent ta perception ?

- Certainement pas.

Il asséna alors le coup fatal :

- Moi ça m’arrive souvent. »

 

 

« Allô, le Centre Hospitalier Sainte Anne ?... Je souhaiterais commander une veste blanche en toile résistante avec de longues manches que l’on attache dans le dos et des lanières… Taille M, oui s’il vous plaît…. Ah, il existe un modèle avec une lanière que l’on passe par l’entrejambe… Très très intéressant… Mon collègue voit… comment dire… Mon collègue a un imaginaire débordant et il voit des… des formes fantomatiques qui l’entourent… Oui, une vision altérée de la réalité… Il est en pleine crise de schizophrénie !... Au fait… dans votre gamme des camisoles, quelle marque proposez-vous … Car il est très susceptible et refuse tout vêtement qui n’est pas griffée par se créatrice Astrid T. ?... On peut s’arranger moyennant finance… O.K. Je vais faire circuler une enveloppe dans toute la Collectivité… Merci encore docteur Victor Frankenstein. »

 

Avec ce premier épisode "Je vois des choses qui n’existent pas", j’avais eu ma dose pour la journée... voire même pour les semaines à venir.

Cependant, Concon ne comptait pas s’arrêter en si bon chemin.

 

Alors que je mettais en œuvre tout ce qui était en mon pouvoir pour l’éloigner de moi le plus possible, il reprit et monopolisa la parole. Il dissipa par lui même un autre mystère qui planait autour de son extrême anxiété ainsi qu’autour de toutes ses obsessions qui font allusion au sexe sous toutes ses formes.

 

Dans le cadre personnel/vie privée, l’arrivée d’un nouveau né avec tout ce que cela implique le terrorisait. Niveau de stress = 9 sur l’échelle trusquienne (que l’on voudra équivalente à l’échelle logarithmique de Richter). L’angoisse s’amplifiait avec l’environnement professionnel : Princesse K.K. et ses regards obliques, Princesse K.K. et ses talons aiguilles, Princesse K.K. et son air de jouvencelle un brin salope, ses fantasmes fougueux avec elle dans son bureau ; ce que Princesse K.K. attend de lui, tout le travail qu’il doit accomplir, ces logiciels qu’il ne maitrise pas, la montagne de courriers à rédiger. Niveau de stress cumulé = 69 !

 

Il lâcha une bombe :

« Depuis ce week-end, j'ai dû reprendre du Xanax… Je vais également recommencer mes séances chez le psy en urgence car je ne parviens plus à faire face à la vie. J’ai un tas de problèmes qui ne sont toujours pas résolus… qui n’ont jamais été résolus. »

 

Petite révision expresse :

Le Xanax est un anxiolytique qui n'est pas délivré dés les premiers symptômes. Au contraire, on le conseille plutôt après divers essais qui ont échoué... Il est puissant, peut engendrer une dépendance, provoquer des pertes de la mémoire récente. Une boîte contient trente comprimés blancs ou roses sécables de 0,50 mg. La posologie varie de 1 à 4 mg par jour et dépend de la pathologie elle-même et du patient, soit de 2 à 8 cachetons grand maximum par jour.

 

Troisième bombe encore plus terrifiante :

« Tu sêêêis Jéérêêêmy, j’ai éétêê guêêri pour la paranoïa… C’est fini tout cela à présent… Enfin pour tout te dire, je suis à peu prêêês guêêri… Disons que le psy a réussi à l’amoindrir… Mêêis tu sêêis Jéérêêêmy, c’êêst loin d’être le pire de mes problêêêmes ! »

 

Bref, c’est certifié par la bouche même de Concon, vérifié et confirmé :

il est complètement dingo !!

Au secours !!

J’ai basculé dans un mauvais film d’horreur de série Z et je ne peux point m’en échapper.

Et dire qu'il a un gamin. Pauvre bambino !!

Mieux vaut stopper là le massacre et la procréation.

Plus totale incompréhension quant à sa femme :

comment se laisse-t-elle toucher par ce truc informe ?

 

Imaginez le discours qu’il pourrait tenir à son gamin lorsqu’il le déposera à l’école maternelle dans quelques temps :

« Excuse ton papa, mon petit Jean-Blaise. Il prend quatre Xanax et ensuite, il file direct à sa séance quotidienne chez le psy pour régler tous ses troubles qu’il a dans le cerveau. Cela risque de durer des décennies. C’est ce salaud de psy qui va se faire des c… bip en or. Papa a failli dire un gros mot. Et ce n’est pas bien de dire de gros mots car c’est mal poli mon chéri. N’attends pas Papa ce soir. Après son travail, il ira aux putes pour se détendre. Tu ne sais pas ce que sais, mais tu y prendras vite goût. Le psy lui a conseillé de se détendre. Et il compte bien mettre en pratique les sommes astronomiques dépensées chez un docteur frustré qui se délecte à écouter les problèmes de cul d’un client allongé sur un canapé. A ce soir mon fiston chéri ! Travaille bien à l’école… Et ne drague pas trop la maîtresse. Papa se la réserve. »

 

 

* Cf. "Recrutement de J-E.T.", paru le 9 août 2010.

Par Jérémy STORM - Publié dans : Tout sur Jean-Eudes... - Communauté : L'actualité des labels participatifs
Hep Hep un p'tit comm'... - Voir les 4 comm'
Jeudi 21 avril 2011 4 21 /04 /Avr /2011 20:25

Madame,(Non, elle ne mérite pas un bonjour.)

 

Je me tourne vers vous (tel un impie impur et impuissant prêt à se convertir à la Sacro-sainte Religion du Dieu de l’Administration. Vous êtes mon dernier atout, mon recours suprême, ma ressource finale, ma solution de la dernière chance, mon ultime espoir. J’attends un miracle de votre part Madame la Responsable du Service des Carrières à la Direction des Ressources In-Humaines bien que j’ai cessé de croire depuis belle lurette aux miracles de l’Administration Française.) car j'ai reçu un courrier (Un courrier qui concerne à la base ma retraite et qui m’informe de ma titularisation. Un comble !), daté du 24 mars 2011 (Près d’un mois de retard pour transiter d’un étage à l’autre, très classique en fait !, et alunir sur mon bureau ! Oui vous avez bien lu : alunir ! Parce que l’éloignement qui nous sépare équivaut bien à la distance entre la Terre et la lune.), de la part de Madame PINNOCUS (Si le "S" final du nom de famille n’est pas prononcé, la pauvresse a dû vivre un long et pénible calvaire durant toute son adolescence. Sa vie en tant que collégienne et lycéenne l’ont amené à être la risée de toute l’école. Assume-t-elle pleinement ? Ou au contraire, un tel nom de famille l’a-t-il rendu aigrie voire aussi méchante qu’Orangina Rouge !) (réf: DGRIH/SDC/VP (Quel charabia ! Ces sigles sont indigestes ! Personne n’y comprend rien.) – Service absentéisme, congés longue maladie, congés accident du travail ou de service, absence syndicale et retraite) (Diantre ! Encore un service dont je ne me soupçonnais guère l’existence. Une bien étrange découverte. Quel esprit torturé de fonctionnaire azimuté de la Haute Fonction Publique a-t-il pu inventer un nom de service aussi imbuvable, imprononçable et invraisemblable ! Il (ou elle) s’ennuyait à un tel point qu’il (ou elle) a décidé de regrouper plusieurs fonctions en une pour bien faire chier le travailleur lambda qui en perd son latin… et ses droits aux congés.) dans lequel était précisé que "par arrêté du 2 mars 2011, j'ai été titularisé (Ça y est ! Alléluia ! Hossanah ! Gloire à toi Grand Seigneur de l’Administration ! Après vingt mois – oui vingt mois ! – d’une patience d’ange irrationnelle, mais néanmoins exemplaire – car je n’ai jamais provoqué ni vagues ni remous –, j’obtiens enfin aujourd’hui une information capitale quant au suivi de ma titularisation. Je suis titulaire et je ne le savais même pas !) dans les fonctions de Rédacteur territorial à compter du 1er janvier 2011." (Dois-je remémorer que j’aurais dû être titularisé au 1er septembre 2010 et non au 1erjanvier 2011. Quatre mois de perdus !!! Merci qui ? Merci chère Princesse K.K. pour cette lenteur inégalée doublée d’une incompétence féodale et d’un royal je-m’en-foutisme. Une rétroactivité sur salaire me sera-t-elle accordée ?)

 

Or je n'ai jamais reçu de quelconque arrêté à signer depuis mars 2011. (Cet arrêté se serait-il perdu, je ne sais par quel hasard Jules-Vernien quelque part dans ce long voyage "De la Terre et la Lune" ? Ou une main maléfique l’aurait-elle planqué "Vingt mille lieues sous les mers" ou "Au centre de la Terre" voire au fin fond du "Château des Carpates" ? Ou ce document ferait-il "Le tour du monde en 80 jours ?") Et depuis plusieurs mois à présent sur ma fiche de salaire, je demeure sempiternellement dans la même catégorie, celle de stagiaire. (Pas une roupie de plus ! Rien, nada, nothing, que pouic, que dalle, que tchi !) Aucune évolution de salaire ni aucun rappel. (Que vous soyez administrés, c’est-à-dire extérieurs à la Collectivité, ou salariés au sein même de notre Belle et Généreuse Collectivité, tous logés à la même enseigne, tous cantonnés à la légendaire lenteur administrative : on ne voit jamais rien venir. Il faut être psychologiquement préparé à tenir le choc face à l’indolence, l’atermoiement, l’inactivité et la paresse et la mollesse, les longueurs et lourdeurs administratives, les délais sans fin, les retards en pagaille… Quel triste tableau !)

 

Bien évidemment, avant de vous contacter, j'ai envoyé de nombreux mails à Mademoiselle Quatrevieux (Je ne me tourne pas les pouces, surtout pour défendre ma cause ! Cependant avec comme intermédiaire, Melle Quatrevieux, c’est quatre fois plus compliqué.), notre gestionnaire administratif et référent carrière (d’une incompétence qui force l’admiration !) qui gère moult collègues au sein du service de l'Art Décadent. (Et ils sont tous aussi enchantés que moi quant à ses prouesses et autres performances !) Cependant, la plupart de mes tentatives écrites sont restées sans réponse. Via téléphone, ce n'est guère plus efficace… même après 30 sonneries… (Soit elle développe une surdité précoce ; soit elle s’endort sur son bureau ; soit pire, elle s’en fout complètement ! Rien de très nouveau sous le soleil donc. Un énième profil stéréotypé dans la F.P.T. Je l’imagine très bien devant son téléphone (pareil que Jean-Concon-Eudes) en train de l’observer et de souffler et de pester et de le maudire en attendant que cette affreuse sonnerie cesse afin de pouvoir se rendormir, prendre une pause clope, discuter avec ses copines-collègues ou pire passer un appel perso sur le compte de la Collectivité…)

 

Je pense faire preuve de patience (… et c’est vraiment le moins que l’on puisse dire. Pour ma part, je prône la non-violence. D’autres moins tendance peace and love, auraient déjà rué dans les brancards, auraient menacé de vive voix et de représailles vos enfants, vous auraient attendu à la sortie planqués à l’arrière de votre bagnole, et brandit un couteau de cuisine sous les carotides.) et pouvoir comprendre que chacun a un travail conséquent à effectuer. (Aura-t-elle saisi toute l’hypocrite subtilité de cette antiphrase ? Tous ici savons parfaitement que, malgré ce pseudo-secret de polichinelle relayé par tous les médias de toutes sortes, la plupart des fonctionnaires ne sont que des glandeurs invétérés et des planqués professionnels.) Toutefois, après de longs mois d'attente (Je le répète : vingt putain de mois d’attente ! Faut pas pousser Jérem’ dan les orties !), j'aimerais que l’on m’explique la (ou les) raison(s) pour laquelle/lesquelles je ne suis toujours pas, de manière concrète et effective, titulaire du grade de Rédacteur territorial. (Bordel de Dieu à queue de milliard de merdes à cul, qu’est-ce que vous foutez bande de cons fainéants ! Voilà que je deviens vulgaire, que je blasphème et que je renie déjà ma nouvelle religion. Cela aura été de courte durée ! Et cela ne me ressemble guère.)

 

Je vous remercie du temps que vous voudrez bien m'accorder pour m'apporter une réponse. (Je risque d’attendre encore des lustres ! Vous estimez l’attente en nombre de jours, de semaines ou de mois ? Pire, je réalise qu’en pleine période de vacances scolaires pascales, mon mail ne sera jamais ouvert ou risque de terminer dans les oubliettes ou à la poubelle.)

 

Cordialement, (Inefficacement vôtre, bande d’incompétents !)

 

Jérémy STORM

Gestionnaire Administratif et Financier (Suis pas encore gestionnaire, suis que simple agent !)

Service de l’Art Décadent (Ouaip, la décadence ! Tout va à vau-l’eau. Et question continuité du Service Public avec de telles collègues, j’ajouterais ceci : "Tant vont les cruches à l’eau qu’à la fin, elles me les cassent !")

Par Jérémy STORM - Publié dans : Inepties Administratives... - Communauté : CROQUEURS DE MOTS
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